LOCALISATION

L'école est située au Brésil, dans le sud de l'état de Bahia sur la commune d'ITACARE bordée par l'océan atlantique et le fleuve " Rio de Contas ". C'est une des dernières régions côtières du Brésil à avoir conservé pour partie une zone de forêt (97 % de la forêt atlantique du Brésil a été détruite).

La population vivant à proximité du site est évaluée à environ 400 personnes dont 101 enfants de 5 à 14 ans ; seuls vingt cinq de ces enfants ont fréquenté une école plus d'un an (chiffres de 1996, recensement IBGE). Le taux d'analphabétisme des chefs de famille est très élevé (plus de 60%).


Cette population rurale qui vivait essentiellement de la culture du cacao (monoculture dont la production est en forte baisse) est peu éduquée et très mal préparée à toute autre activité ; elle est aujourd'hui en grande partie sans travail et dans une économie précaire (culture du manioc sur brûlis, chasse, pêche et cueillette) souvent néfaste pour l'environnement.

Situation géographique et environnementale
La communauté rurale visée par le projet habite sur les rives du fleuve Capitão, affluant du fleuve Rio de Contas, dans une région encore largement dominée par la forêt et les plantations de cacao.

Le bassin du fleuve Capitao (et de son principal affluant, le Fojo) est situé à une dizaine de kilomètres d'une zone de protection de l'environnement -APA Itacaré/ Serra Grande - et d'une réserve - Parque Estadual da Serra do Conduru.

Le sud de l'état de Bahia est considéré comme une des zones les plus importantes pour la conservation de la biodiversité de la terre mais elle court des risques importants de destruction comme l'ensemble de la forêt atlantique du Brésil qui n'a conservé que 5 à 8% de sa surface initiale (données de l'association SOS Mata Atlantica).

La richesse de la biodiversité locale a été mise en évidence par une étude menée en 1993 par des botanistes du centre de recherche du Cacao et du jardin botanique de New York qui ont identifié 456 espèces d'arbres par hectare dans la région de Conduru.

Situation économique et sociale
La crise structurelle que connaît la région d'Itacaré est due aux conséquences d'un modèle de développement économique basé sur la monoculture du Cacao qui a exclu la plus grande partie de la population. La situation s'est particulièrement aggravée depuis une dizaine d'années avec la forte baisse de la production de Cacao due à un facteur phytosanitaire (maladie du " balai de sorcière ") et à l'inadaptation d'un système de production primitif qui a perdu sa compétitivité sur le marché.

En plus des problèmes liées à la monoculture, la forte concentration de la propriété et du revenu, l'absentéisme des propriétaires et le peu de réinvestissement des revenus dans la région ont accentué la crise du cacao et surtout, aggravé la qualité de vie de la population locale.

Cette situation se traduit par :

  • une faible densité démographique. (une partie importante de la population a rejoint les banlieues des grandes villes)
  • un analphabétisme extrêmement élevé,
  • un revenu familial très faible, sensiblement inférieur à un salaire minimum (75 US dollars) voire nul pour certains.
  • de très mauvaises conditions sanitaires et une absence de services de santé.
  • un chômage très élevé.
  • un grave problème alimentaire

La population locale qui vivait essentiellement de la culture du Cacao est très mal préparée à toute autre activité ; elle est aujourd'hui dans une situation précaire et a développé un système de survie (culture du manioc sur brûlis, chasse, pêche et cueillette) souvent néfaste pour l'environnement.

La ville d'Itacaré, située à une quinzaine de kilomètres, a connu un fort développement touristique depuis la construction d'une route entre Itacaré et Ilhéus mais la population locale n'a pu en profiter par manque de préparation et de savoir-faire. La croissance du tourisme à Itacaré peut cependant être une opportunité pour des produits alimentaires et artisanaux et pour le développement de l'éco-tourisme.

C'est dans ce contexte de difficultés économiques, de risques pour l'environnement, de pauvreté de la population et de manque des connaissances de base et pour que cette communauté " s'en sorte " que l'association Rosa dos Ventos a estimé qu'il était nécessaire et urgent de mener un processus de mobilisation, de prise de conscience et d'éducation qui donne à cette population les conditions d'un développement harmonieux et durable dans un environnement paradoxalement si riche.